« Que ça respire ! »
 
     Je veux du calme. Je veux... du temps... Du zen... dans ma vie. 

J'applique du blanc, je me procure du bien. Je désembourbe mon corps, ma tête, mon esprit. Je touche à mon âme... pure, profonde. 
J'applique le blanc et l'œuvre respire... Alors, je respire... Enfin. 
Du blanc ? De la peinture. Comme un exutoire. Le blanc pour réparer. Le blanc pour recommencer. Le blanc... Pour Guérir

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Pendant plusieurs années, j'ai eu beaucoup de difficulté à accepter le titre d'artiste-peintre, sans savoir pourquoi. Depuis une ou deux années, je comprends mieux. Ce titre vient avec un grand défi : transmettre un message sous forme d'image aux regards qui croisent mes toiles. Une image comme un rêve éveillé. Une image qui amène à rire ou à se libérer par les larmes. Une image réconfortante. Une image pour accepter. Une image, toujours présente, même lors des moments de solitude. Bref, une image accompagnatrice de la vie. Je crée l'image. J'ai appris, après des années à peindre des reproductions de toiles, ce que voulait dire Kandisky dans cette phrase assassine qui m'avait tant choqué lors de mes études universitaires en arts ; lorsque j'étais amenée à reproduire des œuvres comme celles de Devinci ou de Bourguereau. Il disait que la peinture figurative était « de médiocres copies d'œuvres géniales » J'ai compris
J'ai compris qu'il voulait que le mouvement d'abord de nos doigts, puis de notre main, et finalement de notre bras vienne de notre cœur. À ce moment, nous devenons créateurs, nous nous exprimons de manière authentique. Nous transmettons sur la toile ce que notre cœur éveille à notre esprit par nos mains. À partir de cette révélation, c'est notre cœur et non la technique qui agite notre corp, notre main et nos doigts. 
C'est la naissance du style, notre style.


texte par Kim Normandin
 


Correction et arrangement typographiques par Alexandre Boulet. De l'idée au texte